Cinéma - 99 F Un film à ne pas rater

Cinéma - 99 F Un film à ne pas rater
Mise en scène, effets spéciaux, animations et trucages parfaits. Jan Kounen excèle dans l'art de la réalisation. Déjà il vous avait certainement bluffé plus jeunes avec Vibroboy, maté peut-être sur Canal en crypté, comme un vrai film du samedi soir. Un délire plein d'inventivité, d'irrévérence, et de provoc' trash et punk. L'attitude semble ne pas trop avoir changé.

A travers le regard affûté de Frédéric Beigbeder, sa plume efficace et mordante, on explore le monde pourri de la pub à la sauce multinationales, ses prostituées, sa coc' et le vide qu'il suscite. Tout celà, on le sait déjà : les concepts à deux francs, de manière à nous vendre de la merde, le fric comme déterminant à tout, l'envie de baiser la ménagère avec tous ses enfants...

En haut de la pyramide des connards respectables s'en mettent plein les c... pour nous faire bouffer des yaourts, ou de la misère en barres. Vulgarité révoltante du capitalisme, cynisme libéral, tout y passe. Octave, notre héros créatif et crétin, interprété par un Jean Dujardin déjà bien habitué au ridicule, cherche sa place dans ce monde absurde. Il chute sur l'essentiel : son incapacité à assumer d'être le père de l'enfant de Sophie, la nana qui le fait bander à l'agence. Vahina Giocante y est délicieuse, comme toujours. Un cocktail explosif avec la drogue et le taf' pour se retrouver très vite à l'HP, presque mort.

Pourtant, Octave rentre en rebellion, tente de court-circuiter le système de l'intérieur. Une bonne façon de connaître profondement les aberrations du milieu et de le pirater joyeusement le moment venu. Comme dit Jan Kounen : "ce n'est pas en parcourant les MJC que l'on change quoi que ce soit". Une des raisons pour laquelle beaucoup laissent de côté le militantisme et son microcosme circonscrit. Autant regarder ailleurs, toucher un large public. Même si ce n'est que par vagues successives, nullement en profondeur d'emblée. Déjà pouvoir s'exprimer, dire ce que l'on pense, comparer...

Alors certes dans le film, le coup des rêves à répétition lors des bad trip peut agacer. Heureusement, on rigole beaucoup, ce qui nous fait oublier le procédé.
Et puis la narration dès les premières minutes est un peu surjouée. Mais elle correspond au genre choisi. L'histoire d'un homme blessé qui défile devant nous, avec une fausse fin pour se débarrasser des moins receptifs dans la salle.
Enfin, il flotte un sentiment de futilité au regard de ce divertissement.
Pourtant, l'originalité est là, ainsi que l'humour décalé.

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