Cowboy - Film à voir

Cowboy - Film à voir
Un très bon jeu d'acteur de Poelvoorde. Il campe ici Daniel Piron, un journaliste en quête d'identité, en pleine prise de conscience de sa vie ratée.

Même si l'écran crée forcement une distance, ainsi que le grotesque de situation abordé, l'ensemble reste assez pertinent. Des scènes pathétiques, une mise en abîme orchestrée, à défaut de naturel, pour faire revivre des luttes sociales, dans un contexte de kidnapping d'enfants dans un bus !

Notre journaliste a la tête qui vacille. L'absurdité de son quotidien professionnel le blesse. Il rêve de retrouver le parfum des luttes de sa jeunesse, loin de la farce commerciale dont il est devenu le personnage manipulé. Une vie de couple à plat pour ne rien arranger. De plus, sa psychologie est complexe : un caractère de chien, altruiste dans les grandes idées, mais dégueulasse au quotidien. De quoi provoquer facilement la contradiction. A fortiori, il est tout le temps à la recherche de l'émotion dans le conflit, un mélange de sincérité et d'artifices malsains.

La naïveté d'une reconstitution macabre, creuse de sens emporte donc l'équipe de tournage sur une route hasardeuse. Celle de l'admiration déchue qu'éprouve Daniel Piron pour Tony Sacchi, interprété avec brio par Gilbert Melki, un révolté devenu gigolo, des années après avoir appelé à l'insurrection, l'arme à la main. La confrontation aura raison des idéaux du journaliste, en pleur d'avoir trop rêvé au soulevement fraternel des populations laborieuses ; et surtout de ne pouvoir traduire visuellement cette épopée fantastique avortée.

Ainsi, malgré son sens de la persuasion en toutes situations rocambolesques, il ne peut réellement susciter autour de lui le combat qui l'anime tant. Le sensationnel fini par s'ecrouler face à l'impossible tournage. Son obsession le perd totalement, sous les regards inquiets et perplexes de ses comédiens embarqués dans l'aventure. Le renoncement viendra en pleine dramatisation des faits passés, sur le sable, en bord de mer, après un périple surnaturel en bus.

Le reality show avait de quoi choquer. Décalage entre l'attente de pathos à la Jacques Pradel et des ex otages que l'on ne peut forcer à la catharsis, pour les bons plaisirs d'un réalisateur buté, pressé, et à la sensibilité mal placée pour son entourage. Paradoxe d'un mépris à l'inverse des idées de justice sociale. De quoi tout abandonner ou se retrouver, peut-être...

ça vous a plu ? Partagez avec amour !

Alors c'était comment ?

Envie de sortir ?