Kanye West : le rappeur qui tektonikait à l'oreille des ados.

Kanye West : le rappeur qui tektonikait à l'oreille des ados.
Le Zenith c'est loin. Surtout en temps de grève. Surtout quand il fait froid, et qu'on ne sait pas très bien où on va. Mais que ne serait-on pas prêts à faire pour Kanye ?

Kanye West est un artiste que j'ai découvert très récemment, et que j'ai apprécié modérément, j'ai reçu des places gratuites de la part d'une amie aux bons contacts. Alors, je ne pouvais vraiment pas dire non. Un concert étant un concert, et aimant la musique quelle qu'elle soit, j'étais « OP ».

Une bonne âme s'étant dévouée pour m'accompagner, nous avons pu nous rendre au Zenith après 1h de marche. A 18H30, nous faisions donc la queue, entourés de fans de rap U.S, bling bling et chaînes en or pour le prouver, de filles en talons aiguilles sorties tout droit d'un clip de « Snoop », et de personnes « sans appartenance musicale apparente », c'est à dire un peu comme nous.

Bonne ambiance dans la file, mais certains commencent à se plaindre du froid, et du timing du gentil Kanye. « S'il avait fait son album un peu plus tôt on aurait eu le concert en été », regrette un râleur. Oui mais « Kanye, il a récemment perdu sa maman », comme l'indique un fan. Quoi de mieux que les potins pour faire patienter ?

Arrive le vidage de sac, la confiscation d'appareils photos, bref, la routine. Des Américaines sont aussi venues voir leur compatriote, parlant un anglais bruyant et à la limite du vulgaire, hurlant dans les oreilles d'un homme au bling bling exaspéré qui leur répond par un charmant « shut the fuck up ». Bonne ambiance je vous dit. Moi, si je vais aux Etats-Unis, je vais voir un concert de Kyo, histoire de bien profiter de mon voyage pour m'imprégner de la culture américaine.

Quand soudain les portes s'ouvrent, et les bousculades commencent. On se donne des coups pour pouvoir avancer, et surtout on s'accroche à son partenaire de concert pour ne pas le perdre.

Arrivés à l'intérieur et installés les gradins, c'est l'attente. Réglages, ajustements et tout le tintouin. « Ils auraient pas pu faire ça cet aprem plutôt ? » se plaint un jeune techtonikman, casquette rose à carreaux enfoncée sur la tête.  

Puis arrive enfin la première partie. Common, pour les connaisseurs, ou un rappeur en bras de chemise (si, si ça existe) qui chante de jolies chansons (quand on arrive à comprendre les paroles) et qui demande de lever les bras à peu près toutes les minutes. Peu décidée au départ (non mais, j'ai ma dignité), finalement je me prends au jeu, et je gigote mon bras droit en rythme, de la façon la moins ridicule possible. Common transpire beaucoup, mais il assure, et même si le rap, c'est pas ma « cup of thea », je commence à me dire que je pourrais presque en mettre une ou deux sur mon iPod (pas trop non plus).

Les portables à 2 millions de pixels sont sortis et flashouillent dans tous les sens, à tel point qu'on pourrait presque voir le concert par écran interposé. Les contrôles de sécurités ?  Pas très efficace.
 
Après Common et sa prestation réussie, tout le monde attend THE star. Pendant 20 minutes d'entracte, on s'impatiente, et on va chercher à boire. Résultat : des centaines de personnes faisant la queue pour le bar. Pas de bière ce soir, tant pis. 

Et là, Kanye apparaît. Endeuillé. Alors que la légende le veut tout de blanc vêtu. « De loin, il a l'air très petit », me murmure mon ami. Pas faux.

Il débute par un petit mix de son tube Stronger qui met la salle en délire, et puis commence par « Good Morning », la première chanson de son album. « Mais c'est pas du rap ça ! » lance un spectateur, un peu exaspéré par la guitare électrique et les lumières roses fluos.

C'est peut-être pour ça que j'aime, après tout. S'en suit un show « comme seuls les américains savent en faire » (dixit mon voisin de droite), sans interruption, ou presque puisque Kanye tient à faire un hommage à sa mère disparue, et s'arrête 10 minutes sur scène pour pleurer. Faire de sa vie privée un spectacle, ça aussi c'est bien américain.

Heureusement, il repart ensuite de plus belle, nous lance, habillé en blanc, son « Gold Digger » de légende qui l'a fait connaître du grand public, et plonge le Zenith en délire « Daft Punkien » avec « Stronger », spécialement gardée pour la fin.

Comme tout bon businessman qui se respecte, le show s'arrête net sans possibilité de prolongations. Les lumières sont rallumées, et Kanye est déjà parti très loin.

A la sortie (où nous devons encore faire la queue), la foule parle de son hommage théâtral à sa mère et moi je ressort avec les yeux pleins de couleurs, une crampe au bras droit, et les oreilles remplies d'acouphènes. Un bon concert donc, qui change du rap U.S classique.

Pour les amateurs de « vrai rap », son copain 50 Cent se produit à Bercy le 27 Novembre prochain. Mais cette fois, pas de places gratuites. Dommage j'aurais pu faire le signe de la West Coast appris hier soir.

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